Portrait de Stéphane Bordet, référent Immobilier de la CPME-NC

Stéphane Bordet, Référent Immobilier de la CPME-NC

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Stéphane Bordet

Référent Immobilier de la CPME-NC

Stéphane Bordet

Défendre l’attractivité, l’emploi et la capacité à entreprendre

Avant de rejoindre le monde de l’immobilier, Stéphane Bordet a consacré vingt années à la Marine nationale française, où il a exercé comme chef du quart à bord de différents navires.

Cette première partie de carrière lui a apporté une culture forte de la responsabilité, de l’anticipation et du collectif.

Il se tourne ensuite vers l’immobilier, d’abord comme directeur d’une agence de syndic pendant six ans, puis comme gérant associé d’ISIS Gestion, une agence immobilière depuis maintenant dix ans.

Ce changement de parcours l’a conduit à découvrir une autre forme de responsabilité : celle du chef d’entreprise confronté aux réalités économiques, aux charges, à la gestion des équipes et aux évolutions d’un marché parfois difficile.

Aujourd’hui membre du bureau de la CPME-NC et référent du secteur immobilier, il défend une conviction simple : pour reconstruire durablement l’économie calédonienne, il faut recréer de l’attractivité, préserver l’emploi et redonner confiance à celles et ceux qui choisissent encore d’investir sur le territoire.

Chaque entreprise, chaque entrepreneuse et chaque entrepreneur doit pouvoir unir sa voix à celle des autres pour défendre le développement et la création d’emplois.

À travers cet entretien, Stéphane Bordet partage son regard sur le courage des entrepreneurs calédoniens, les conditions nécessaires au redémarrage économique et l’importance de l’ouverture pour retrouver des compétences et attirer de nouvelles forces vives.

Qu’est-ce que l’on sous-estime le plus dans la réalité des entrepreneurs du territoire ?

On sous-estime beaucoup le courage nécessaire pour continuer à entreprendre aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie.

Dans le contexte actuel, partir et reconstruire sa vie ailleurs peut parfois sembler plus simple que continuer à investir ici, prendre des risques et essayer de maintenir une entreprise en activité.

Pourtant, beaucoup d’entrepreneurs ont fait le choix de rester.

Ils continuent à se battre pour leurs entreprises, leurs salariés et leur territoire alors même que les perspectives sont encore incertaines.

Cette détermination mérite d’être davantage reconnue. Ceux qui continuent à investir localement participent directement à la reconstruction et au maintien de l’activité économique.

Quelle force particulière les entrepreneurs calédoniens ont-ils développée face aux crises ?

Ils ont développé une capacité de résilience extrêmement forte.

Les crises successives ont entraîné des licenciements, des tensions importantes et parfois une violence verbale très difficile à vivre pour les dirigeants.

Derrière chaque décision de réduction d’effectifs, il y a aussi un chef d’entreprise qui tente de sauver ce qui peut encore l’être.

La volonté des entrepreneurs de préserver leurs outils de travail et leurs entreprises a permis de sauver de nombreux emplois.

Cette réalité est parfois oubliée. Quand un dirigeant se bat pour maintenir son activité, il ne protège pas uniquement son entreprise : il protège aussi les emplois, les familles qui en dépendent et une partie du tissu économique local.

Pourquoi avoir choisi de vous engager au sein de la CPME-NC ?

L’engagement m’a semblé naturel.

Lorsqu’on est confronté quotidiennement aux réalités du monde économique, il est difficile de rester uniquement spectateur.

J’ai souhaité participer aux réflexions, défendre les intérêts des entreprises et contribuer à l’élaboration de politiques capables de soutenir le développement et l’attractivité de la Nouvelle-Calédonie.

La CPME-NC permet précisément de faire remonter les préoccupations du terrain et de participer à la construction de propositions concrètes.

Vous insistez beaucoup sur la notion d’attractivité. Pourquoi est-elle si importante ?

Parce qu’une économie qui se referme finit par s’affaiblir.

Nous devons être capables de conserver nos talents, mais aussi d’aller chercher à l’extérieur certaines compétences que nous n’avons pas ou plus en nombre suffisant sur le territoire.

L’ouverture vers l’extérieur peut permettre d’attirer des professionnels, des familles, mais également de nouvelles entreprises.

Ces personnes vont ensuite vivre ici, consommer, investir et participer à l’économie locale.

Il ne faut donc pas considérer cette ouverture uniquement comme une concurrence. Elle peut aussi devenir un moteur de développement et contribuer à recréer une dynamique démographique et économique.

Qu’apporte selon vous l’action collective dans un contexte aussi complexe ?

Elle permet d’être plus fort et surtout plus audible.

Individuellement, un entrepreneur dispose de peu de moyens pour peser sur les décisions publiques.

Lorsqu’ils se rassemblent, les chefs d’entreprise peuvent partager leurs difficultés, identifier les problèmes communs et défendre des propositions avec davantage de légitimité.

Cette capacité à parler collectivement est essentielle, particulièrement dans un environnement où les autres acteurs économiques et sociaux sont eux-mêmes fortement organisés.

Une organisation patronale doit permettre aux entreprises d’être représentées de manière structurée dans le dialogue avec les organisations salariales et les institutions.

Quelles seraient selon vous les priorités pour redonner confiance aux entrepreneurs ?

La priorité est de restaurer l’attractivité du territoire.

Les entrepreneurs ont besoin de garanties, de visibilité et d’un soutien clair des pouvoirs publics.

Lorsqu’un dirigeant envisage d’investir, de recruter ou de développer son activité, il doit pouvoir se projeter dans un environnement suffisamment stable.

La question du coût du travail est également centrale.

Une baisse des charges sociales pourrait contribuer à relancer les recrutements et redonner davantage de marges de manœuvre aux entreprises.

Créer de l’emploi doit redevenir plus simple et moins risqué.

Plus nous faciliterons l’embauche et l’investissement, plus nous aurons de chances de recréer une dynamique économique positive.

Y a-t-il encore des raisons d’être optimiste pour l’économie calédonienne ?

Oui, même si cet optimisme doit rester mesuré.

La Nouvelle-Calédonie possède encore de véritables atouts.

Nous disposons notamment d’un potentiel humain important et de ressources agricoles qui peuvent contribuer au développement futur du territoire.

Mais ces atouts doivent être mieux valorisés.

L’optimisme ne peut pas reposer uniquement sur l’idée que les choses finiront par s’améliorer d’elles-mêmes. Il doit s’appuyer sur des décisions, des investissements et une véritable stratégie de développement.

Si nous parvenons à recréer de la confiance et de l’attractivité, il existe encore de nombreuses raisons de croire en l’avenir économique du territoire.

Quel moment de votre parcours vous a le plus transformé ?

Le passage à l’entrepreneuriat a probablement été le moment le plus marquant.

Diriger une entreprise permet de mesurer concrètement tout ce qui pèse sur son fonctionnement : les charges, les contraintes du marché, les responsabilités envers les salariés et les particularités du tissu économique calédonien.

On ne perçoit pas nécessairement toutes ces réalités tant que l’on n’a pas soi-même la responsabilité d’une entreprise.

L’entrepreneuriat change donc profondément le regard que l’on porte sur l’économie et sur les décisions publiques.

Chaque nouvelle contrainte ou nouvelle charge a immédiatement des conséquences très concrètes sur la capacité d’une entreprise à investir, à recruter ou simplement à continuer son activité.

Que signifie pour vous « tenir » dans un contexte difficile ?

Tenir, c’est continuer à se battre au quotidien.

C’est faire tout ce qui est possible pour préserver son entreprise et conserver les emplois.

L’emploi reste l’un des principaux moteurs de l’économie. Il permet aux familles de vivre, de consommer et de se projeter.

Préserver l’emploi, c’est donc préserver beaucoup plus qu’un poste de travail. C’est maintenir de l’activité, de l’attractivité et une économie capable de continuer à fonctionner.

Dans les périodes difficiles, tenir signifie parfois simplement réussir à passer une étape supplémentaire, puis une autre, jusqu’à pouvoir retrouver de meilleures perspectives.

Qu’est-ce que la CPME-NC représente pour vous ?

La CPME-NC est une organisation de soutien et d’engagement au service des entrepreneurs.

Elle leur permet de disposer d’une représentation collective face aux organisations salariales et aux institutions.

Le dialogue économique et social suppose que chacun puisse être entendu.

Les salariés disposent de leurs organisations représentatives ; les entrepreneurs doivent eux aussi pouvoir s’appuyer sur une structure capable de porter leur voix, leurs contraintes et leurs propositions.

La CPME-NC joue ce rôle de représentation, mais également de soutien auprès de dirigeants qui peuvent parfois se sentir très seuls face aux difficultés.

Pour terminer, quel message souhaitez-vous adresser aux entrepreneurs calédoniens ?

Chaque entreprise compte.

Chaque entrepreneuse et chaque entrepreneur contribue, à son niveau, au développement économique et à la création d’emplois.

Dans une période comme celle que nous traversons, il est essentiel de ne pas rester isolés.

Nous devons être capables de nous rassembler, de partager nos expériences et de porter collectivement la voix de celles et ceux qui continuent à investir et à entreprendre.

Plus les entrepreneurs seront unis, plus leur voix pourra peser dans les décisions qui détermineront l’avenir économique de la Nouvelle-Calédonie.

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